Sur la table de Studio Yafa chaque samedi, un sujet de société en débat. Des avis opposés, un débat houleux, des idées défendues dans la courtoisie. 50 minutes de débat par semaine (25 minutes en mooré et une autre langue).

Claurielle à 15 ans, est tombée enceinte alors qu’elle était en classe de 5e. Un épisode de sa vie dont elle se rappelle douloureusement. Sur le plateau de Ya’Débat elle livre un témoignage devant un public constitué essentiellement d’élèves. Le phénomène perdure, malgré les sensibilisations. Studio Yafa a posé le débat à Réo, chef-lieu de la province du Sanguié qui a enregistré plus de 660 cas de grossesses dans ses collèges et lycées l’année dernière.

Près d’un milliard de Francs CFA a été investi pour mettre en valeur les ruines de Loropeni. Mais les ressources financières ne suffisent pas d’après ses dires.

Représentant de l’Union nationale des associations des parents d’élèves du Burkina, Souleymane Nignan, estime ces efforts insuffisants. « Nous avons demandé au ministère de faire davantage. C’est bon, mais ce n’est pas arrivé. Nous avons souhaité plus d’infrastructures pour que tous les enfants en situation d’insécurité puissent aller à l’école », dit-il. « Il n’y a pas que le ministère pour tout faire », rétorque Lucien qui interpelle les familles et la communauté éducative.

Un désaccord groupé dès le début du débat. L’animateur Souleymane Koanda campe le décor. Il fait le constat que pour de nombreux jeunes, aller au théâtre est un fait rare. « Le théâtre se meurt et ne fait plus rêver les jeunes », enfonce-t-il. Le débat est déjà lancé et le plateau s’anime. La jeune actrice et dramaturge Eudoxie Gnoula prend le contre-pied de l’animateur.

Abdoul Karim Ouédraogo, membre du collectif des syndicats des bâtiments et travaux publics du Burkina est rouge de colère. Il estime que certaines entreprises ne devraient plus être bénéficiaires de marché public. Il dit ne pas comprendre que l’entreprise qui n’a pas encore soldé ses déboires dans des travaux publics à Tenkodogo, bénéficie encore d’un marché à Koudougou où il y a finalement mort d’homme.

Seydou Mariko appelle les acteurs du système éducatif à parler le même langage : « En tant que parent d’élèves, je demande à l’administration de l’enseignement et le syndicat de taire leur querelle pour nous permettre à nous parents de suivre l’éducation de nos enfants. Cette fermeture du lycée Zinda kaboré, ce sont des problèmes internes, secrètes qui deviennent une question politique sur la table ».

Salif Ackerman Ouédraogo revient à la charge. Il tient à apporter des précisions. Il n’est pas question d’imposer la mesure. Les femmes auront le choix entre trois et six mois. Pour ce qui est des éventuels manques à gagner pour les entreprises, la question peut être discutée, des formules peuvent être trouvées.
En tout cas, pour Salif, les six mois ne sont pas des congés sabbatiques, mais pour que les enfants grandissent dans de bonnes conditions. Des pays l’ont fait, et le Burkina également peut le faire, défend-t-il. Il ajoute également que la pétition propose de faire passer le congé de paternité de 72h actuellement à un mois.

Le représentant du gouvernement Moumouni Doulkom, directeur général de la réglementation du contrôle des prix reconnait que certains produits ont connu des augmentations. Il évoque l’insécurité dans la partie nord du Burkina Faso avec les attaques terroristes qui empêchent les agriculteurs de cultiver. Cependant, ils sont tous d’avis qu’il faut renforcer le contrôle des prix des produits de grande consommation et de lutter contre la concurrence déloyale pour soulager les consommateurs.

Au Burkina Faso, des millions de plants sont mis en terre pour reverdir le pays et freiner l’avancée du désert. Mais ces campagnes de reboisement enregistrent un faible taux de réussite. Pour les invités de Ya’Débat, il faut simplement arrêter avec ces reboisements folkloriques qui ont montré leur limite.