Sur la table de Studio Yafa chaque samedi, un sujet de société en débat. Des avis opposés, un débat houleux, des idées défendues dans la courtoisie. 50 minutes de débat par semaine (25 minutes en mooré et une autre langue).

Djê, blé, tuine etc. tant d’appellations pour désigner l’argent. Pour des jeunes burkinabè avoir l’argent est très important pour mieux vivre. ‘’ C’est une véritable solution à beaucoup de problèmes même si l’on doit toujours savoir ce qu’on doit faire avec l’argent’’ explique Clovis Adam’s Sawadogo, étudiant en diplomatie. Yacine Guindo, étudiante en logistique, quant à elle, fait mention de cette citation : ‘’ être n’est pas important, mais avoir est important’’. Une citation qui choque Isis Bikoi coach en développement personnel qui estime qu’il faut être avant d’avoir. ‘’L’argent ne doit pas être une finalité’’ dit-elle.

L’augmentation du prix du carburant ne surprend personne au Burkina Faso. Mais le contexte socio-économique du pays n’est pas opportun à cette hausse des prix, selon les invités de l’émission Ya’Débat. Si elle est relativement acceptée, le gouvernement doit adopter des mesures d’accompagnement et de contrôle pour que cette augmentation, cumulée aux nouvelles taxes, n’ait pas d’impacts négatifs sur le coût de la vie des Burkinabè.

Les besoins humanitaires actuels dépassent les capacités de réponse du gouvernement. Certaines organisations de la société civile estiment que le secours du gouvernement se fait toujours attendre ou arrive tardivement dans les camps de déplacés. ‘’ Le gouvernement ne fait pas suffisamment assez pour les déplacés internes alors qu’il crie au manque de coordination avec les initiatives privés’’ déplore Mouniratou, coordinatrice de ‘’ Faisons un geste’’. Pour Ali Nana du mouvement de la résistance « sans l’aide citoyenne, la situation des déplacés allait être plus dégradante ».

Les invitées de l’émission Ya’Débat appellent à une répression accrue dans la lutte contre le mariage précoce des jeunes filles. Selon Edith Sawadogo de l’association des jeunes filles leaders, ni la pauvreté, ni les pesanteurs socio-culturelles ne peuvent justifier le mariage des enfants au Burkina. Même consentante, à 17 la fille n’est pas assez mature pour supporter le poids du foyer. souligne Olivia Ouédraogo, conseillère genre et protection de l’enfant à Plan international.

Les invités de Ya’Débat ne sont pas surpris des révélations qui sont faites dans le rapport du Réseau national de lutte anti-corruption sur l’état de la corruption au Burkina Faso en 2018. Toutefois ils soulignent que la corruption tend à devenir un acte banal nourrit et entretenu par certains jeunes burkinabè. ‘’ Je ne banalise pas la corruption, loin de là.
Mais il faut reconnaitre que nous sommes dans la banalisation de la corruption au Burkina’’, affirme Boukari Ouoba, journaliste représentant le réseau de journalistes pour l’intégrité et la transparence (RAJIT).
Pour Olivier Kaboré, jeune juriste, la corruption est une question de personne et non de service. ‘’ La corruption est devenue comme une norme chez certaines personnes. Ces dernières ne peuvent rendre service sans demander une somme d’argent ’’, dit-il.
Rabi Yaméogo, secrétaire à l’information du Réseau national de lutte contre la corruption (RENLAC), estime de son côté qu’il faut bannir tout intermédiaire pour s’offrir un service qu’il soit privé ou publique. En somme, déplorent les invités, il n’y a pas de véritable instrument pratique pour lutter efficacement contre la corruption au Burkina Faso.


Les jeunes burkinabè demandent plus d’emplois décents, plus de formations professionnelles, des opportunités de financement et la sécurité. Ils ont posé leur préoccupations à l’endroit de leur ministre de tutelle, Salifo Tiemtoré au cours de l’émission Ya’Débat spécial Bobo Dioulasso en marge du Forum national des jeunes du 18 au 20 septembre 2019.
Pour la représentante du Conseil national de la jeunesse, Rouki Sédégo, les jeunes ne sont pas consultés avant la mise en place des fonds et opportunités à eux destinés ‘’ On ne peut pas aider quelqu’un sans connaitre ses préoccupations ’’ dit-elle. Une remarque pertinente selon le ministre Salifo Tiemtoré qui rappelle toutefois que depuis sa nomination en janvier dernier, la faitière des jeunes, le CNJ, a toujours été consultée et impliquée dans les prises de décisions.
Le représentant des jeunes de la région du Sahel, Ali Bokoum, déplore de son côté, ce qu’il considère comme un délaissement des jeunes de sa région car dit-il ‘’ aucun des trois derniers ministres de la jeunesse n’a fait le déplacement dans le Sahel pour rencontrer les jeunes ’’. Le ministre Salifo Tiemtoré a donc pris l’engagement d’aller à leur rencontre dans les jours à venir.

Selon les invités de l’émission hebdomadaire Ya’Débat, les stagiaires sont eux-mêmes responsables des difficultés qu’ils vivent dans certaines entreprises. Pour preuve, ils ne connaissent pas la réglementation en vigueur en matière de stage et ne se fixent pas d’objectif. Les demandeurs de stage cibleraient également des entreprises où ils n’apprennent pas grand-chose. L’invité Abdoul Razack Derra ne partage pas cet avis. Pour lui, si les stagiaires sont mal traités, c’est du faite de la mauvaise volonté des encadreurs mais aussi des entreprises. Le jeune homme a passé plus d’une année dans une expérience en tant que stagiaire et raconte son expérience.

Le verdict du putsch manqué sonne comme une victoire pour la justice au Burkina, mais il faut reconnaitre que la notion de réconciliation est très complexe car elle implique celle de vérité, justice et surtout le pardon selon les invités de YaDébat de ce vendredi 6 septembre.
Sur l’engagement des jeunes dans les formations politiques, il ressort de ce débat que les jeunes tentent de faire de leur mieux en interpellant les politiques via les réseaux sociaux. Toutefois, les invités soulignent que certains facteurs -financièrs- emmènent les responsables politiques à confiner les jeunes dans des rôles de second plan.