Sur la table de Studio Yafa chaque samedi, un sujet de société en débat. Des avis opposés, un débat houleux, des idées défendues dans la courtoisie. 50 minutes de débat par semaine (25 minutes en mooré et une autre langue).

Le rappeur Joey le Soldat fustige le flow de la nouvelle génération de rappeur burkinabè. Pour lui, la qualité du texte est essentielle dans le rap. Il estime que les jeunes rappeurs manquent de techniques, de style et d’originalité. Invité de Ya’Débat ce samedi 25 juillet 2020, Joey le Soldat affirme que les rappeurs la nouvelle génération « ne font pas du rap, mais plutôt du couper-décaler, juste pour faire danser ».
Selon Don César, animateur radio et spécialiste du hip-hop, «il ne suffit pas de produire un single pour se proclamer 1er du rap au Burkina ». Il reproche également à la nouvelle vague de rappeurs, un manque de recherche sur les thématiques qu’ils abordent. Mais si les plus jeunes pêchent par effet de mode, l’ancienne génération elle, refuse de s’adapter à la demande d’un public nouveau et « reste campé » sur son style dit-il.
Rappeur de la nouvelle génération, Mister Vins de répliquer que la nouvelle génération doit faire rêver son public. « Le rap c’est pour faire rêver, pas pour faire pleurer. On est fatigué de pleurer, on veut aujourd’hui faire rêver la jeunesse », soutient-il.

« Les sportifs subissent les conséquences des tensions et crises dans les fédérations sportives », regrette Baba Zongo, footballeur international. Pour lui, l’Etat à travers le ministère des Sport et des loisirs devrait avoir un regard sur la gestion interne de ces fédérations. ‘’ L’Etat subventionne certes les fédérations, mais il ne peut s’ingérer dans leurs gestions’’ réplique Bassedjona Gnanou, directeur de la formation et de la réglementation au ministère des sports et des loisirs. Les intérêts personnels et les égos des candidats, c’est ce que dénonce pour sa part le journaliste sportif, Jean Modeste Ouédraogo. Les invités de Ya’débat déplorent les crises de plus en plus récurrentes dans les fédérations.

Les invités de Ya’Débat reconnaissent tous qu’au Burkina n’importe qui se prétend coach en développement personnel ou motivateur. Le secteur, déplore Omar Konaté, coach en développement personnel et relations humaines en entreprise, n’est ni organisé, ni structuré. Imhotep Serges Bayala de deux heures pour nous, deux heures pour Kamita assimile le coaching à de l’arnaque. Le coaching n’est cependant pas mauvais selon Noélie Kouraogo, psychologue. « De nombreux jeunes burkinabè ont trouvé une issue à leur rêve grâce au coaching », affirme-elle.

« A Bassinko, nous vivons quotidiennement le calvaire notamment en saison des pluies. Il n’y a aucune voirie dans cette cité. Nous nous cotisons parfois pour organiser des initiatives locales en vue d’améliorer notre cadre de vie », explique Aboubakari Barro au cours du débat hebdomadaire de Studio Yafa. A l’image du pôle urbain de Bassinko, ces initiatives locales de développement sont organisées à travers le pays.
Scarlett Zongo, conseillère technique de l’environnement auprès du maire de Ouagadougou trouve ces initiatives salutaires. Elle reconnait cependant, tout comme Issouf Paré de l’organisation démocratique de la jeunesse (ODJ), que la responsabilité revient à l’autorité d’assurer un cadre de vie confortable aux populations. « C’est parce que l’autorité a démissionné que les populations prennent leur destin en main à travers les initiatives locales », s’indigne Issouf Paré.
Pourtant, réplique Scarlett Zongo, l’autorité ne manque pas de volonté. « Les besoins sont énormes et les moyens manquent », tente-t-elle de convaincre.

Selon les invités de Ya’Débat de ce vendredi 26 juin, la réconciliation nationale est une question politique qui doit toutefois impliquer la participation de toutes les couches sociales du Burkina Faso. « Même si les gens disent que les problèmes viennent des politiques, tous les Burkinabè subissent les conséquences de ces problèmes », souligne François Kaboré représentant de la CODER. Pour Serge Bambara, du Balai citoyen, le processus de réconciliation nationale n’aboutira que si l’on applique la justice dans sa forme classique au lieu qu’elle soit transitionnelle. Aicha Ouédraogo du HCRUN rétorque quant à elle y voit une complémentarité.

Des organisations de la société civile et des partis politiques peinent à s’accorder sur les moyens pour parvenir à la réconciliation au Burkina Faso. Selon Serge Bambara dit Smockey, membre du Balai Citoyen seul la justice peut permettre de réconcilier les Burkinabè. Pour d’autres invités, la justice transitionnelle apparaît comme un complément à la justice dite classique.
« La paix n’empêche pas la justice. Plus il y aura la justice, plus la paix sera évidente », se convainc Serge Bambara dit Smockey, membre fondateur du Balai Citoyen, au cours de l’émission Ya’Débat enregistré le vendredi 26 juin 2020. Pour lui, les Burkinabè n’ont pas besoin de la justice transitionnelle mise en place à travers le Haut conseil pour la réconciliation et l’unité nationale. L’objectif du HCRUN : contribuer à la réconciliation après l’insurrection populaire d’octobre 2014.
Selom Smockey tous ceux qui ont commis des crimes au Burkina Faso doivent d’abord répondre de leurs actes devant la justice dite classique. « Si les gens ont le courage de reconnaître ce qu’ils ont fait, à partir de ce moment, on peut parler de réconciliation. Si vous attrapez votre voleur et qu’il refuse de reconnaître qu’il est voleur, il n’y aura jamais pardon ni réconciliation (…) Réconciliation d’accord, justice d’abord », soutient-il.
Conseillère au HCRUN, Aïcha Ouédraogo assure que la justice transitionnelle permet de résoudre certains problèmes au-delà des compétences de la justice classique. « La mission fondamentale du HCRUN, c’est d’aller à l’apaisement des cœurs. Selon ses explications, la justice transitionnelle à travers cette institution permet de mener des plaidoyers de reconnaissance de culpabilité pour aboutir au pardon. « La justice transitionnelle n’occulte pas la justice classique. On travaille en tandem (…) la justice classique désigne les coupables, détermine la sanction et vous n’êtes plus obligés de vous parler. La justice traditionnelle a l’avantage de transcender la justice classique et d’aller au processus de réconciliation », affirme-t-elle. Aïcha Ouédraogo se dit persuader que la réconciliation est un processus pour aboutir au pardon.
François Kaboré, membre de la Coalition pour la démocratie et la réconciliation nationale (CODER) propose une concertation nationale comme moyen pour parvenir à la réconciliation. « Il faut que toutes les composantes de la société s’asseyent pour qu’on puisse débattre. Cela va permettre d’aller de l’avant », affirme-t-il. Pour lui, la justice classique ne peut pas résoudre tous les problèmes.
L’émission Ya’Débat du Studio Yafa est diffusée tous les samedis à partir de 10 heures sur l’ensemble des radios partenaires.

Le secteur du coton traverse des difficultés au Burkina Faso. Le pays a même perdu en 2018, sa place de premier producteur de coton sur le continent africain. De nombreux producteurs, à l’instar de Souleymane Ouédraogo reçu dans l’émission Ya’Débat, ont dû abandonner la production de ‘’ l’or blanc ‘’ au profit du sésame et du maïs. « Beaucoup de producteurs prennent les intrants et l’utilisent à d’autres fins.
Au lieu du coton, certains prennent les instants pour le maïs ou le mil », explique Mahamadi Kinda, chef de département des réformes et des relations extérieurs du secrétariat permanent du coton. Pour booster le secteur coton, Inoussa Maiga, co-fondateur de Agribusiness TV estime qu’il faut une réorientation du secteur au Burkina Faso. « Il faut que la transformation tire la production vers le haut », dit-il.

La faible représentativité des jeunes dans les sphères de décisions est la conséquence d’un manque de volonté politique des gouvernants, regrettent les invités de Ya’ Débat de ce vendredi 12 juin. Cheick Faiçal Traoré, directeur exécutif de l’association des jeunes pour le développement, plaide donc pour un positionnement et une responsabilisation des jeunes dans les instances de gouvernance. Eldaa Koama, promotrice de l’agence IMPROV’YOU, ne partage pas l’avis de Cheick Faiçal Traoré. Elle estime qu’il ne faut pas positionner les jeunes juste pour respecter un quelconque quota, mais plutôt au regard du leadership de ces jeunes. Pour le bloggeur Harouna Simbo Drabo, ‘’Les jeunes doivent s’imposer avec leurs compétences et leur engagements pour la bonne gouvernance ‘’

Les élections présidentielle et législatives auront lieu le 22 novembre malgré le contexte sécuritaire marqué par des attaques terroristes dans plusieurs parties du Burkina Faso. Certains acteurs politiques s’opposent toutefois à la tenue de ces consultations électorales tant que les conditions sécuritaires ne sont pas réunies. Une position défendue dans Y’a Débat par Henry Zougmoré du Soleil de l’avenir, parti membre de l’Opposition non affiliée. Pour lui, tenir les élections dans ce contexte d’insécurité reviendrait à exclure une partie du territoire du jeu démocratique. Aziz Dabo de la Nouvelle alliance du Faso estime quant à lui, qu’un éventuel report ouvrirait la porte à une crise institutionnelle. Le journaliste Paul Miki Roamba propose pour sa part l’organisation d’un dialogue national pour trouver un meilleur compromis.