Sur la table de Studio Yafa chaque samedi, un sujet de société en débat. Des avis opposés, un débat houleux, des idées défendues dans la courtoisie. 50 minutes de débat par semaine (25 minutes en mooré et une autre langue).

Les irrégularités constatées lors des élections couplées du 22 novembre n’ont pas concerné que la majorité comme le prétend l’opposition politique burkinabè estiment les invités de Y’a débat du vendredi 27 novembre. Ces manquements ont émaillé le processus électoral dès la phase de l’enrôlement affirme Me Angelain Poda, porte-parole de campagne du mouvement SENS. « Quand vous convoyé des gens pour aller s’enrôler dans une localité où ils ne résident pas, c’est une fraude électorale », analyse -t il. Selon lui la fraude électorale a concerné autant la majorité que l’opposition.
Sagado Nacanabo, secrétaire exécutif du réseau nationale de lutte anti-corruption, RENLAC, dit avoir également fait le constat de mauvaises pratiques durant le processus électoral. Le réseau est actuellement engagé dans plusieurs procédures judiciaires de corruption électorale. « Nous avons reçu des cas de dénonciations (…) Nous avons vus des gens qui distribuent de l’argent, qui bloquent ou qui réquisitionnent des stations d’essence pour distribuer du carburant, soit disant pour faciliter la participation à leurs meetings » explique-t-il.
Pour Paul Miki Rouamba, journaliste, la corruption électorale a pris une ampleur inquiétante. Selon lui, les acteurs politiques ne se donnent plus la peine de se cacher. « Les distributions du carburant et d’argent c’est à ciel ouvert, les achats de consciences ». Si le code électoral de 2015, interdisant entre autres la distribution des gadgets à l’effigie des candidats, a permis d’avoir des avancées, estime le journaliste, ce code électoral devrait aussi pouvoir inquiéter les partis politiques, à travers des sanctions.

Des représentants des candidats à l’élection présidentielle du 22 novembre ont rassuré les jeunes de la prise en compte de l’éducation, formation, emploi, sécurité, etc., dans leurs projets de société respectifs. C’était dans l’émission hebdomadaire Y’a débat de ce vendredi 20 novembre.

L’emploi décent, la formation professionnelle, l’accès à l’éducation, les candidats à l’élection présidentielle accordent une place de choix à la jeunesse.

Quel sort le prochain président du Faso va-t-il réserver aux volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Ces civils qui ont été armés pour participer à la lutte contre l’insécurité. Sidiki Belem de l’ADF-RDA croit savoir que parmi les VDP, il y a des « gens désœuvrés, des bandits qui se font justice », d’où les différentes exactions dénoncées par les organisations de défense des droits humains. Il n’est pas contre leur instauration, mais penche pour un choix porté pour des « les gens de bonnes moralité ». Un point de convergence entre les représentants des candidats: la lutte contre le chômage des jeunes. Ils s’accordent pour reconnaitre que le chômage de cette frange importante de la population et le manque de perspectives nourrissent le djihadisme.
« Quelle politique, quelle stratégie pour la création d’emplois au Burkina Faso et comment faire reculer le taux de pauvreté ? ». La question etait au centre del’émission Ya’Débat spéciale élections tenue le 6 novembre dernier à Bobo-Dioulasso.

« Quelle politique, quelle stratégie pour la création d’emplois au Burkina Faso et comment faire reculer le taux de pauvreté ? ». La question était au centre de l’émission Ya’Débat spéciale élections tenue le 6 novembre dernier à Bobo-Dioulasso.

Pour les invités de Y’a Débat de ce vendredi 30 octobre, des jeunes sont de plus en plus responsabilisés à des postes stratégiques dans la campagne électorale. Ils sont placés en tête de liste pour les législatives, impliqués dans la rédaction des programmes de société, chargés de la coordination de l’animation des meetings… Des responsabilités qui sonnent selon Salif Ouédraogo, leader d’opinion comme « la fin de l’époque où les jeunes étaient considérés comme de simple mobilisateurs ou porteurs de valises ». Un avis partagé par Alban Zoungrana, jeune politique, nommé à la direction nationale de l’animation de la campagne par son parti. Alban estime pour sa part que chaque jeune qui s’engage en politique devrait travailler à être un acteur de développement et non « un ouvrier électorale ». Responsabilisé les jeunes à des postes importants, démontre selon Ismaël Taoko, président d’une association, que les partis politiques font confiance aux jeunes, et reconnaissent leurs potentiels.

En 2017, l’Assemblée nationale a dû remettre des tablettes après une vive polémique sur les réseaux sociaux. Ce fait, rappelé par les invités de Ya’ Débat du vendredi 23 octobre, vient illustrer la contribution des influenceurs et activistes web dans l’animation de la vie politique du pays.
Selon Dr Lassina Kaboré, enseignant chercheur, ces acteurs du web participent au renforcement de la démocratie. Mais, ils se doivent d’agir de façon responsable sur la toile. «Comment faire en sorte qu’à travers ma page Facebook, mon compte twitter, je puisse aider la démocratie à se raffermir, être une sorte de vigie, une force de proposition et d’interpellation pour que les lignes bougent (…) », explique-t-il. Emmanuel Tapsoba, web influenceur, lui, déplore le jeu de cache-cache de certains web influenceurs. « Il y a des gens qui ont peur de se dévoiler sur les réseaux sociaux. Ils créent donc de faux profils », dit-il.
A l’orée de la campagne électorale, des web influenceurs font le jeu des Hommes et partis politiques sur les réseaux sociaux. Une pratique devenue courante au Burkina pour conquérir l’électorat. Dr Lassina Kaboré, estime de ce fait, que « l’agenda des web activistes influence celui des gouvernants ».
Pour Gabriel Kambou, journaliste-bloggeur, un influenceur peut être proche d’un Homme ou d’un parti politique, pour des raisons de conviction ou de recherche de bien-être. Mais, prévient-il, il faut avancer de façon transparente et sans masque. Emmanuel Tapsoba de préciser qu’« il n’y a pas une loi qui interdit à un activiste de suivre un homme politique ». L’ensemble des invités de l’émission hebdomadaire Ya’débat, sont cependant unanime, pour faire de l’activisme sur les réseaux sociaux un métier à part entière au Burkina, il doit être règlementé et ses acteurs former au respecte d’une éthique.

L’Homme politique burkinabè n’inspire pas confiance, de l’avis de Marcel Dakissaga, membre du Balai citoyen, invité à l’émission Ya’débat de ce vendredi 16 octobre. La raison, selon lui, les promesses électorales non tenues. « Les gens vont juger l’Homme politique en fonction des promesses et de ce qu’il met en œuvre », explique-t-il. Simplice Ouédraogo, jeune engagé en politique, dit comprendre cette image écornée du politique, car « la confiance s’établit sur la base des actions ». Mais, il y met un bémol, « On fait des promesses, mais la réalité sécuritaire, sanitaire du terrain rattrape. En ce moment les priorités ne peuvent que changer », prévient-il. Pour Simon Pierre Douamba, chargé de suivi et évaluation du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD), les citoyens sont en partie responsables du comportement des politiques. « Le changement ne viendra pas des Hommes politique », estime-t-il. Il faut, préconise Simon Pierre Douamba, éduquer les populations sur l’engagement citoyen afin que celui qui s’engage en politique, voit en cela « un engagement à servir son pays et non comme un métier ».