Sur la table de Studio Yafa chaque samedi, un sujet de société en débat. Des avis opposés, un débat houleux, des idées défendues dans la courtoisie. 50 minutes de débat par semaine (25 minutes en mooré et une autre langue).

« La capitale burkinabè n’est pas propre comme l’auraient voulu les autorités », regrette Saïdou Nassouri, directeur de la salubrité publique et de l’hygiène de la commune de Ouagadougou. « Une grande partie de la population refuse d’adhérer aux règles de gestion des déchets. Ils ne veulent pas payer pour avoir une poubelle, s’abonner à un prestataire d’enlèvement d’ordures », dit-il. Invité à l’émission hebdomadaire Y’a Débat du vendredi 29 janvier avec d’autres acteurs engagés sur les questions d’assainissement, tous s’accordent à poursuivre la sensibilisation. Mais, préconisent-ils, il faut réprimer les citoyens qui annihilent tous les efforts d’assainissement.

Les invités de Yadébat du vendredi 22 janvier sont d’accords sur un point : les responsabilités dans la gestion et l’entretien des infrastructures sportives sont partagées. Cette dégradation des infrastructures regrettent-ils, impactent surtout négativement sur la performance des athlètes.

Le Burkina est aujourd’hui à une phase généralisée de l’épidémie de la Covid-19 avec la propagation du virus à toutes les 13 régions. 55 districts sanitaires sur les 70 que compte le pays enregistrent des cas de contaminations. « Nous sommes à une phase ou la transmission est pratiquement communautaire », informe Théodore Nabonswendé Zongo, attaché de santé en Epidémiologie et responsable suivi des contacts au centre des opérations de réponses aux urgences sanitaires (Corus).
Dr Moumine Niaoné, spécialiste en santé communautaire et comportemental, note pour sa part une double inquiétude : la montée des cas, mais surtout la défaillance du système sanitaire du Burkina. « Le système de santé peut être vite dépassé, c’est-à-dire que la capacité de résorption des cas et leur prise en charge peut rapidement dépasser et cela peut causer un grand problème à notre pays » commente-t-il. Avec un tel système sanitaire, le véritable risque pour le Burkina Faso, ajoute Théodore Nabonswendé Zongo, serait d’avoir de plus en plus de cas graves. « Plus les chiffres sont élevés, plus les cas graves qui ont besoin d’assistance respirations et de prise en charge intensif sont énormes et c’est ce que nous craignons. Nous craignons qu’il n’y ait de plus en plus de décès mais aussi le risque de saturation des services de santé au détriment des autres pathologies », s’inquiète l’attaché de santé en épidémiologie.

De jeunes burkinabè se disent optimistes pour la nouvelle année. Ils entrevoient par ailleurs 2021 comme une année d’opportunités et de réelles prises en compte de leurs aspirations dans les instances de décisions. « Les jeunes ne doivent surtout pas attendre tout de l’Etat. Ils doivent créer leur propre bonheur en comptant sur leurs compétences », affirme Zénabou Zongo, artiste comédienne et responsable d’association. Un avis que partage Aziz Dabo, jeune politique. Il estime qu’on ne peut faire le bonheur des jeunes en leur absence. Il espère donc l’implication des jeunes dans les instances décisionnelles.
Pour lui, rien de tel pour mieux prendre en compte leurs aspirations. Il dit par exemple attendre la formation du gouvernement pour voir si 2021 sera une année d’espoir. Pour Martial Bado, jeune entrepreneur, l’heure n’est plus à l’attente. « À un moment donné quand on ne te donne pas, il faut l’arracher », insiste-t-il.
Les différentes crises : sanitaire et sécuritaire sont, pour ce jeune entrepreneur, des moments de réflexions innovantes et stratégiques. « En 2021 il y aura de moins en moins de jeunes qui voudront s’apitoyer sur leur sort car c’est dans l’épreuve que l’on révèle ses propres capacités », dit-il.

Le Burkina Faso a été l’un des premiers pays de l’Afrique de l’Ouest a enregistré les premiers cas de coronavirus le 9 mars 2020. A la date du 3 janvier 2021, 75 nouveaux cas ont été confirmé. Le pays totalise plus de 7000 cas, 5300 guérissons et 86 décès selon le Centre d’opération de réponses et d’urgence sanitaire ( Corus).

L’actualité politique au Burkina Faso a été marquée en 2020 par les élections couplées du 22 novembre. A Bobo-Dioulasso, Ouahigouya et Ouagadougou l’équipe de Studio Yafa a donné la parole aux jeunes pour s’exprimer sur les projets de société des différents candidats à la présidentielle.
Ecoutez les meilleurs moments de ces débats grand public spécial élection.

Des jeunes de la ville de Banfora se disent déçus de l’organisation des festivités du 11 décembre commémorant les 60 ans d’indépendance du Burkina. Parmi les griefs portés par ces jeunes: la qualité et le retard de certaines infrastructures prévues pour l’occasion. La cité des forces vives dont la moitié des villas n’a pas encore été livrée, des plateaux omnisports promis mais non encore réalisés, etc. « Quand on voit les goudrons qui ont été faits ici, quand on circule là-dessus, on voit de la poussière comme si c’était de la terre rouge », fait remarquer Barakissa Yamba, élève, lors du débat hebdomadaire tenu à Banfora le vendredi 18 décembre. Le 2e adjoint au maire de la cité du paysan noir, Siaka Soulama, se veut rassurant. « Les travaux continuent et l’ensemble des chantiers seront livrées», dit-il.
Quant aux opportunités d’emplois que devraient offrir la célébration du 11 décembre dans la région, des jeunes disent être resté sur leur faim. «Qu’avez fait pour les jeunes de Banfora », demande Aboubacar Tou au 2è adjoint du maire. « Beaucoup de choses ont été faites pour la jeunesse. Tout ce qu’il y’a comme réalisations en termes d’infrastructures ont été faite pour les jeunes », rétorque Siaka Soulama. Mamadou Soma, représentant des signataires de la pétition pour le report des festivités du 11 décembre à Banfora, lui s’inscrire en faux contre ces propos. Il estime pour sa part qu’« il n y a pas eu de cadre pour promouvoir les initiatives des jeunes de Banfora ».

Les invités du débat hebdomadaire de Studio Yafa s’accordent sur une chose : les jeunes qui constituent la majorité de la population burkinabè peuvent participer à une véritable indépendance du Burkina Faso. « Il y a des nations qui ont été colonisées au même titre que le Burkina. Il y a l’Algérie, le Vietnam colonisés d’ailleurs par la France. Aujourd’hui personne ne s’hasarde à dire que ces pays ne sont pas indépendants », estime Téguewindé Sawadogo, co-auteur du livre ‘’ Penser et agir pour l’Afrique. Pour lui la véritable indépendance commence par une autonomie « mentale et intellectuelle ».
Sami Poda, secrétaire général du Mouvement pour l’engagement et le réveil citoyen (MERCI), dit noter quelques avancées significatives en six décennies d’indépendance, notamment sur le plan démocratique. Mais les burkinabè devraient, selon lui, cesser de s’apitoyer sur leur sort. « Il appartient aux Burkinabè de prendre leur sort en main. On ne peut pas continuer indéfiniment à accuser la France (…) Il y a un moment pour se révolter, un autre pour s’assumer», prévient-il.
Représentant l’Organisation démocratique de la jeunesse (ODJ), Salif Nignan fait état d’une « non indépendance » du Burkina. « En 1960, on est passé du statut de colonie à néo colonie avec une indépendance octroyée par les autorités françaises », affirme Salif. Il explique que son organisation l’ODJ, mène une travaille de sensibiliser et de conscientisation de la jeunesse sur « les instruments de domination ». Confiant, Téguewindé Sawadogo dit croit en l’avenir avec la jeunesse.

La vitesse, l’utilisation du téléphone en circulation, la surcharge, le transport mixte, etc., sont autant de causes d’accident de la circulation au Burkina estiment les invités de Ya’ Débat du vendredi 4 décembre. « Les statistiques montrent que l’usager est à 70% responsable des causes d’accidents », affirme Nina Samé, cheffe de la promotion de la sécurité routière à l’Office nationale pour la sécurité routière ONASER. Selon elle, la majorité des accidents est imputable à la méconnaissance du code de la route par les usagers.
Pour Yiyé Constant Bazié, conseiller municipal et activiste pour la promotion de la sécurité routière par contre, en plus de la méconnaissance du code de la route, lui pointe du doigt l’insuffisance des contrôles routiers. « Il faut donner les moyens nécessaires à la police pour qu’elle puisse assumer entièrement cette mission de veille sur les routes ». L’activiste soutient qu’il faut sanctionner les usagers en infraction pour en faire des exemples.